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Poète, prends ton luth !

 

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Quatrième de couverture

En ces temps troublés, la recherche de la paix est primordiale à mes yeux. Et selon moi, pour pouvoir désirer et faire advenir un tant soit peu la paix dans le monde, il faut savoir la faire d’abord en soi et se réconcilier avec soi-même. C’est de cette manière que le poète peut devenir une petite lumière éclairant ses semblables. Faites l’expérience de plonger une pièce dans le noir en ne laissant qu’une petite vielleuse : tout les regards se tournent vers la frêle flamme, non pour elle-même mais parce qu’elle éclaire, unifie, réchauffe les cœurs, rassure, favorise la méditation et tourne vers l’intériorité et l’infini à la fois.

Le poète, selon moi, ne doit pas se servir de l’écriture comme moyen thérapeutique pour exorciser ses démons ou ses états d’âme plus ou moins glauques, du moins lorsqu’il souhaite donner ses poèmes à lire. Si verbaliser sur le papier peut l’aider, il me semble qu’il ne doit proposer à la publication que les textes qui peuvent selon lui apporter du beau et du vrai à ses contemporains. Le reste a davantage sa place dans un journal intime. Le poète doit, selon moi, essayer de contribuer à élever ses semblables un peu au-dessus de la médiocrité ambiante, de toucher la corde sensible qui donnera à chacun, ne serait-ce que fugacement, le désir d’ouvrir ses ailes.

Le poète doit, selon moi, chanter clair pour qu’il fasse clair, à l’image du Chantecler d’Edmond Rostand qui croyait dur comme fer  que s’il ne chantait pas le soleil ne se lèverait pas…

 

 

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Considérations sur le second recueil de poèmes de Krystyna Umiastowska

Poète, prends ton luth et entre dans la lutte !

Les lecteurs de recueils de poèmes ne sont pas nombreux, et certains éléments permettent de le comprendre.

Très souvent, ces recueils sont trop longs et deviennent, page après page, fastidieux à l’excès.

Certains auteurs se dissimulent dans l’hermétisme et utilisent avec prétention un vocabulaire spécieux droit issu de quelque « dictionnaire des mots rares et précieux ». Ce procédé, dérisoire et usé, n’apporte rien.

Enfin, de nombreux poètes reprennent à l’infini des thèmes en usage depuis l’Antiquité. Déception supplémentaire, ils les reprennent sans les présenter sous un jour original. Bref, ils proposent des « copier / coller » besogneux sur lesquels l’esprit glisse, aucune aspérité nouvelle ne piégeant l’attention.

Dans son recueil récemment édité, Krystyna Umiastowska louvoie avec une telle maîtrise parmi ces écueils qu’elle offre à ses lecteurs un recueil qui alerte et captive du premier au dernier vers.

Au demeurant, Poète, prends ton luth, et entre dans la lutte ! ménage plusieurs points positifs qui en renforcent l’impact :

• Une versification très variée : vers libres ou rimés, vers blancs, vers monorimes, laisse médiévale.

• Un rythme soutenu, conséquence de l’utilisation de vers courts (parfois brefs). Le poème Paris en est l’exemple le plus frappant : on pourrait s’y enliser ; au contraire on le survole (versification dite galopante) mais sans rien manquer d’essentiel.

• Le vocabulaire, plutôt soutenu, reste volontairement accessible. Un relâchement occasionnel et justifié (« Foutez-la paix aux marmots ! », « c’est parce que j’ai la frousse ») cuirasse le ton dans certains textes qui se veulent positivement agressifs.

Krystyna ne recule pas devant l’invective dès qu’ elle la juge indispensable.

• Les poèmes sont de longueur très variée : de 32 syllabes pour Adolescence à plus de deux cents vers pour Paris. Cette alternance, très souhaitable, donne une respiration à l’ensemble et permet au lecteur de reprendre la sienne.

On notera, page 54, dans un micropoème sans titre : sept substantifs seulement, mais chaque mot se montre lourd d’une signification convaincante ; pas un mot de trop, mais chacun des termes renforce le message qu’insuffle le précédent. On court, oui, mais on court à l’essentiel.

• L’humour, enfin, est omniprésent, parfois impertinent : « Ôtez vos pattes de là » ; « comment ça ? » Ceci nous change de tant de recueils austères, parfois monacaux. On peut lutter avec le sourire. N’oublions jamais la terrible sentence de Montesquieu : la gravité est le bouclier des sots. Il convient par conséquent de savoir en doser l’usage.

Krystyna reconnaît avoir peu fréquenté l’œuvre d’Emile Verhaeren (1855-1916). C’est donc spontanément et sans esprit d’imitation qu’elle adopte un style proche, presque à s’y méprendre, de celui du chantre de la Flandre. Entendons par là : usage de vers le plus souvent assez courts, rythme rapide, parfois saccadé (proche de la poésie épique) et surtout grande originalité strophique.

Chez Krystyna, peu de place pour l’interminable et sempiternelle caravane des quatrains en alexandrins. Témoin cette Valse à trois et quatre temps qui déroule des strophes de 4, 6, 18 et 5 vers, ceux-ci comptant 3, 6 ou 8 syllabes. Témoin encore la splendide désescalade strophique rencontrée dans Brumes de novembre, avec 32, 20, 4 et 2 vers par strophe, la dernière, dans sa brièveté, mettant clairement en lumière une conclusion positive : Je reste ici / Vivre ma vie.

Pour conclure, on trouve dans Poète prends ton luth, et entre dans la lutte ! du cœur (beaucoup), de l’enthousiasme, des évocations pleines de sensibilité sur l’enfance et l’espérance folle qu’elle charrie à condition qu’on lui foute la paix. On y relève des évocations sans ambiguïté des graves dérives de notre société (violence, terrorisme).

D’un poème à l’autre s’affrontent la joie et le désarroi, tandis que l’accablement et la volonté de ne pas désespérer se télescopent.

Une annexe complète le recueil composé par Krystyna. Elle y développe ses points de vue sur la fonction du poète et le rôle de la poésie. Un leitmotiv : « pour moi…». Car Krystyna n’ambitionne pas légiférer : elle fournit des pistes. Son propos est exigeant. A chaque poète, s’il l’entend, de tenter de le transcrire et plus encore de le vivre.

Dès lors, poète, un sacerdoce ???

N’exagérons pas. Mais qu’au moins le poète n’écrive pas pour ne rien dire. On ne peut s’interdire de penser au polémiste Léon Bloy qui évoque sans ménagement ces auteurs « qui n’ont absolument rien à dire et le prouvent loyalement dans des ouvrages de 400 pages… ».

Et que dire de cet auteur, sans doute de bonne volonté mais d’une hallucinante prétention, qui propose à la vente cette semaine le tome IV ( !) de son interminable anthologie personnelle ( !!!) en précisant 262 poèmes, 347 pages, port offert… Le quidam sait-il seulement ce qu’est une anthologie ? Pense-t-il séduire par une brouettée ? La solidarité des gens de lettres m’interdit de livrer le nom de l’intéressé.

Comme rappelé au début de cette étude, le poète, plus que tout autre écrivain, doit éviter de provoquer la torpeur du lecteur, cet ennui à livre ouvert qui conduit à ruiner l’attention et parfois à ne pas achever le livre.

Rassurez-vous, je ne me suis pas assoupi sur Poète prends ton luth, et entre dans la lutte !. Et c’est un critère absolu de confrontation à quelque chose de puissant.

Il existe deux autres critères qui caractérisent la rencontre avec une œuvre digne de ce nom :

• Avoir envie de la relire… et d’encore la relire. Aller au-delà de la découverte. Creuser le filon. Trouver le trésor et s’en nourrir.

• Y trouver quelques poèmes dont on pense « J’aurais aimé en être l’auteur ». Cocher certains vers à ne surtout pas oublier, comme la fureur / de ces trop jeunes führers ; J’ai du sang sur les mains quand j’oublie ; endormir la jeunesse, c’est faire de cadavres ; la fraîche brise de la joie…

En qualité de bon spécialiste de la déclamation, je m’interroge : pourquoi ne pas, intégrer l’un des poèmes de Krystyna dans un prochain récital public. J’y songe. Or le choix n’est pas simple… car il convient d’honorer la volonté de « ne rien déclamer qui ne soit excellent ».

Ce poème de mon choix, il faudra l’apprendre par cœur, l’insérer dans mon répertoire, mais en premier lieu dans l’Anthologie confidentielle où je puise à de certains moments pour me ressourcer. Démarche ésotérique où j’avoue ne prendre conseil que de moi-même. J’ai mon idée ; je la laisse mûrir.

La plupart des enquêtes de satisfaction se terminent sur la question « Recommanderiez-vous notre enseigne (ce produit, cette prestation) à vos amis » ?

Eh bien oui ! J’invite tous les amateurs de bonne poésie à lire Poète, prends ton luth, et entre dans la lutte ! Et, en toute complicité avec Krystyna Umiastowska, je souhaite que cette lecture stimule leur propre inspiration et les conduise à lutter. Car, pour terminer avec le père Hugo,

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent.

Lucien VAN MEER // 3 décembre 2020

Le Chant de mon village

 

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Le chant de mon village

Recension : «  Le chant de mon village » de Krystyna Umiastowska.

Editions les Poètes français –  3 ème trimestre 2017 -  format 15x21 – 79 pages –

 Notre pérégrination entre les pages du recueil de Krystyna Umiatowska : « Le chant de mon village » nous conduit à nous concentrer autour de son clocher, d’ailleurs l’introduction en épigraphe de Léon Tolstoï l’annonce : « .../...parle de ton village. »
Notre auteure ne s’en prive pas et nous entraîne dans sa ruralité, ses terres, où l’on prend le temps de communier avec la nature et d’écouter le silence.
Par le biais d’une poésie simple et abordable aux résonnances rimées, Krystyna Umiastowska nous situe au cœur du village et de son point central l’église, avec tout ce qui peut s’y associer.
Ce chant est une véritable profession de foi et si nous nous abandonnons à la rêverie, il nous semble entendre à l’heure de l’angélus le glissement d’une procession de moines psalmodiant en grégorien les louanges de «  Dieu. »
Krystyna Umiastowska emperle au fil de son recueil un chapelet d’Alléluia, de printemps de Pâques, d’Emmaüs, de chants des Anges et de Verbe qui se fait chair.
Poésie confessionnelle ayant besoin de recueillement, de paix au cœur, dans un univers pastoral comme lien spirituel.
Ce chant ténu est celui de l’humilité, de l’amour d’une main tendue vers son prochain.
Ici poésie rime avec Eucharistie.
Nous invitons donc Krystyna Umiastowska à poursuivre encore longtemps son pèlerinage au pays du Verbe.

MICHEL  BENARD
 Société des Poètes français

 

Considérations sur le second recueil de poèmes de Krystyna Umiastowska

Le chant de mon village (sous-titré Rondes et Chansons au fil des saisons) réserve, en première lecture, une surprise totale.

Le lecteur s’attend à une série de textes dans le genre comptines et petits poèmes destinés aux enfants de l’école élémentaire. L’illustration concrète, en 1ère de couverture, contribue à cette attente. Or, au-delà du rythme primesautier engendré par la métrique (vers brefs), il faut admettre d’emblée que le champ d’inspiration n’est en rien scolaire. En réalité, Krystyna Umiastowska mène en parallèle deux recueils complémentaires : une splendide évocation de la ronde des saisons ; une relation presque exhaustive de la vie de Jésus de Nazareth. Les poèmes nous mènent alternativement de l’une à l’autre évocation. En les regroupant par thème, on isolerait deux recueils « tenant la route ». Dans l’un, la poétesse ferait ressentir sa sensibilité envers les éléments naturels et les changements qu’ils multiplient de trimestre en trimestre. L’autre livret, qu’on pourrait classer dans le genre poésie mystique populaire (par opposition à la poésie mystique peu abordable des spécialistes en théologie) témoignerait de la Foi chrétienne de Krystina, toute de simplicité et d’Amour.

Côté religion, Krystina commence par la Semaine Sainte, donc le supplice du Christ, et va nous conduire, poème après poème, jusqu’à la Saint-Jean d’été pour terminer sur l’Avent, Noël et les Rois Mages… sans laisser de côté les agapes profanes des réveillons. La vie de Jésus est donc proposée à rebours, en commençant par la fin (l’horreur de la Crucifixion), avec pour aboutissement l’émerveillement qu’engendrent les promesses de la Nativité.

Parallèlement, le cours des saisons passe d’abord par l’hiver avant de déboucher sur les fastes de l’éclosion printanière, les fruits et la chaleur de l’été ; l’automne enfin, et cet enchantement des couleurs qui escorte la mémoire des défunts (Jour des Morts).

Dans ces deux itinéraires poétiques, on chemine par conséquent des temps douloureux (la tragédie), vers la joie de vivre et l’Espérance.

Impossible de ne pas l’imaginer : Krystina a dû être profondément marquée par une enfance en Pologne, pays natal de Jean-Paul II, où le christianisme reste bien enraciné. Où en est-elle aujourd’hui sur le plan confessionnel ? Nous l’ignorons, faute de préface ou de notice biographique. Ce n’est au demeurant pas l’objet de notre commentaire. Mais on observe que la religion est évoquée sereinement, sans aucune critique, telle qu’elle dut être reçue durant l’enfance.

Une sorte de jubilation est ressentie à la lecture de textes qui appartiennent à un genre en général laborieusement présenté. Claudel, Péguy, Guillaume de Saluste du Bartas pour remonter plus loin (16ème siècle), et même Marie Noël (décédée en 1967) auraient gagné à laisser jaillir dans leur vers la sérénité du croyant plutôt que de se livrer à d’interminables exposés en alexandrins (vantés par les spécialistes, mais lus par qui ???).

Qu’on ne se méprenne pas : je n’oppose pas l’œuvre de ces poètes très « reconnus » à celle de Krystyna. Je dis simplement qu’à trop vouloir convaincre, on crée le désert autour de soi et qu’il apparaît préférable de s’exprimer presque naïvement mais avec un enthousiasme touchant et communicatif.

Pour conclure, indépendamment de la technique et de la prosodie, ce premier recueil de Krystyna Umiastowska impose un style qu’on reconnaîtra d’emblée : rythme soutenu, fraîcheur, sensibilité, franchise. La poétesse ne triche pas. Elle dit ce qu’elle ressent, aussi bien la crainte du froid que ses certitudes religieuses, le plaisir d’un festin que l’émotion ressentie à la découverte du Tombeau vide.

On ne s’ennuie jamais à cette lecture. C’est trop rare pour ne pas le signaler ! Pour ma part, j’envisage de mémoriser Je suis malade, un poème plein de malice qui me rappellera mes anciennes fonctions d’instituteur ; et l’Équinoxe de printemps, dont la gouaille enrichira mes récitals à vrai dire parfois un peu trop sombres. 

Merci à Krystyna pour l’enchantement diffusé par ce recueil populaire mais construit sans la moindre concession à la vulgarité dans le cadre d’une langue sans obscurité. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement… Trop de poètes l’oublient qui croient se singulariser par un vocabulaire peu accessible. Oui, ils se singularisent, mais… à leur détriment. En qualité de juré de plusieurs concours de poésie, j’assure que trop de poètes donnent envie de fuir la poésie et nuisent à cette discipline littéraire. Avec Le chant de mon villageKrystyna Umiastowska vient éperonner leurs navires surchargés de prétention. Merci, Madame – j’ai bien dit Madame – d’avoir composé et fait éditer un recueil qui donne envie de cingler sur un océan déserté. 

Lucien VAN MEER // 12 décembre 2020

P.S. Une courte notice biographique eût été la bienvenue en 4ème de couverture.

 

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