Prochaine exposition : Les-Moutiers-en-Retz, 19-25 septembre 2016 (Salle d'expositions, 13 place de l'Eglise Madame 44760).

Membre de la Société des Gens de Lettres.
Membre de la Société des Poètes français.
Membre de la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie.

3e PRIX - Société des Poètes Français au 8e concours international de poésie francophone (2016).

 

Ma démarche artistique et littéraire

Ce n’est que peu à peu que j’ai compris que je ne pourrai jamais « faire comme tout le monde » - ce qui paraît pourtant si simple a priori- que ce soit dans le domaine de l’art, du travail, ou de la vie quotidienne, non pas par volonté délibérée de rébellion ou de marginalité, mais tout simplement parce que j’aimerais, mais n’y parviens pas. Parce que je ne suis pas configurée pour cela du fait que mon "être au monde" est tout simplement atypique (non pas unique, mais décalé).

Je m’explique. Je suis en prise permanente avec un tourbillon de perceptions, de pensées, et d’émotions, d’images visuelles ou mentales qui, avant de pouvoir s’exprimer, ont besoin d’être intérieurement clarifiées. J’ai besoin de les mettre au clair, seule dans mon atelier, que ce soit sur le papier ou sur la toile, à l’aide d’un stylo ou d’un pinceau, avant de pouvoir les faire partager aux autres sans trahir mon sentiment, ma perception ou mon idée, sans les dénaturer et en m’assurant qu’elles soient un minimum recevables et compréhensibles par les autres. 

Chaque œuvre, chaque texte est le plus souvent précédé d’un intense travail de synthèse intérieure de mon vécu récent ou plus ancien, imbriquant aussi bien le ressenti que les discussions que j’ai pu avoir, les émotions qui m’ont traversée, les souvenirs marquants ou diffus, que sais-je encore... Je travaille vite, mais ce qui me prend du temps, c’est d’aboutir à me mettre au travail, dans le domaine de l’art, pour toutes les raisons que je viens d’expliquer. Ensuite, je ne peux plus m’arrêter et tous les autres domaines de la vie quotidienne me deviennent insupportables, car semblent venir parasiter mon élan.

Le langage, le partage, la transmission et la communication sont des besoins importants pour moi. Cependant, si la transparence, l’honnêteté et la recherche de la vérité sont des valeurs indiscutables à mes yeux, dans le domaine de l’art je n’aime pas me montrer trop explicite. Aussi les langages qui me conviennent le mieux sont-ils la poésie et la peinture, qui n’ont pas besoin de tout dire, mais juste de faire sentir. 

J'aime l'art sous toutes ses formes. C'est pour moi une respiration nécessaire. Théâtre, chant, danse, peinture, écriture, peu importe le support, peu importe l'outil, peu importe la forme, tout est bon à prendre pour exprimer la mélodie qui m'habite et lui donner une forme concrète. Artiste-peintre, poète et écrivain, mes œuvres littéraires sont publiées  à compte d’éditeur aux  Editions Hypallage. Aujourd'hui, j'ai décidé de me consacrer entièrement à l'art, en couplant au maximum mes poèmes avec mes tableaux, et en les mettant en musique.

J’ai peu à peu compris que l’art, quelle que soit la forme qu’il prend, est une respiration qui m’est indispensable sous peine de vivre atrophiée.  Mais c’est aussi pour moi une aspiration. L’artiste, selon moi, ne doit pas se servir de l’art  comme moyen thérapeutique pour exorciser ses démons ou ses états d’âme plus ou moins glauques, du moins lorsqu’il souhaite donner son œuvre à voir. On ne devrait, je pense, montrer que ce qui peut  apporter du beau et du vrai à ses contemporains. L’artiste doit essayer de contribuer à élever ses semblables un peu au-dessus de la médiocrité ambiante, de toucher la corde sensible qui donnera à chacun, ne serait-ce que fugacement, le désir d’ouvrir ses ailes.

Lire aussi mon Appel aux poètes.

Le moulin

Moulin 1

 

LE MOULIN DE GUÉRANDE

Le bourg de Batz debout sur les marais
Le Croisic tout au bout du grand trait
Sous les veilleurs, les souvenirs m'attendent
Et l'enfance en moi comme un matin
REFRAIN:
Par-dessus le manteau d'Arlequin
Où les oeillets se fendent sous le sol de Saint-Guénolé
Tournez, tournes les ailes du moulin de Guérande
Sur les grains de mes jours envolés
Sur les grains de mes jours envolés
Chemin de mer pour talus de rochers
Entonnoir de granit écorché
Passaient nos jeux, passaient nos vies gourmandes
Sur le clair sablier de Port-Lin
La mer a fuit l'auge de Saint-Goustan
A l'orée des lents oiseaux distants
Mon père, penché, ramassait des amandes
Des fruits de nacre et des couteaux marins
Sur son balcon allumé de bouquets
Ma grand-mère qui regarde les quais
Et les marais balançant des guirlandes
De bateaux beaux comme des ravins
Des soirs dorés des vieux cars fabuleux
Le soleil dans le pare-brise bleu
Citron brûlant éblouissante offrande
De l'été déjà sur le déclin

Gilles Servat

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Les mots sont des fenêtres

 

Les mots sont des fenetres

 

Le facteur

Le jeune facteur est mort
Il n'avait que dix-sept ans

L'amour ne peut plus voyager
Il a perdu son messager

C'est lui qui venait chaque jour
Les bras chargés de tous mes mots d'amour
C'est lui qui tenait dans ses mains
La fleur d'amour cueillie dans ton jardin

Il est parti dans le ciel bleu
Comme un oiseau enfin libre et heureux
Et quand son âme l'a quitté
Un rossignol quelque part a chanté

Je t'aime autant que je t'aimais
Mais je ne peux le dire désormais

Il a emporté avec lui
Les derniers mots que je t'avais écrit

Il n'ira plus sur les chemins
Fleuris de roses et de jasmins
Qui mènent jusqu'à ta maison
L'amour ne peut plus voyager
Il a perdu son messager

Gorges Moustaki

Le facteur, chanté par Moustaki

 

 

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Promenade

 

 

Plateau saint michel 2

J’ai recueilli des fleurs vermeilles
Et j’ai avalé le soleil.
Ivre d’air pur, de chaleur et d’odeurs,
J’ai accueilli l’été et ses douceurs.

 

Krystyna Umiastowska

 

 

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Regard fugitif

Petite fille au doudou

 

Brillant regard fugace
D’une petite fille
En cet instant de grâce
Où ses yeux d’azur brillent.

Oubliant son assiette,
Effleurée par les vers
Que lui chante Prévert,
Sous l’archet du poète,
Son âme soudain vibre.

Quand s’éveille la fibre
Les mots tombent faciles
Sur le  terreau fertile
D’un petit cœur tout neuf.

Tant d’âmes de poètes
Etoufferont dans l’œuf.
Ne laissons pas muette
La flamme qui anime
Ces êtres encore nets
Taillés pour le sublime.

Offrons-leur le trésor
D’une langue affinée,
Afin que brille l’or
D’un regard élevé,
Niché sur le velours
D’un bel écrin de mots
En un monde si lourd
Et qui courbe le dos.

Krystyna Umiastowska

 

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Paris

 

I love paris

 

Tu m'as manqué,
Mon vieux Paris,
Paris aimé,
Paris chéri.

Eh oui, tu vois,
Je suis partie,
Au loin, là-bas,
Vers l'Italie.

La Seine coule,
La vie est cool.
Cette lumière
Qui l'eau éclaire,
Les bons vieux quais,
La foule gaie,
Les bouquinistes,
Rien n'y est triste.

Le Luxembourg
Et ses amours,
Les feuilles mortes
Devant les portes,
Plac' Saint Sulpice
Et les délices
De sa fontaine
Chassant la peine,
Vieille Sorbonne,
Là, je m'étonne,
Car au Boul'Mich,
Y a plus qu'des riches :
Quartier Latin,
Plus d'escarpins
Que de bouquins !
Petites rues,
Ces inconnues,
Aux livres rares,
Aux pianos bars,
La Cour d'honneur,
Où j'eus l'honneur
De recevoir
Un vrai savoir,
Musée d'Cluny,
Couleurs qui rient,
Et sa licorne
Porte une corne,
Saint Séverin,
On y est bien,
Sous sa colonne,
Rien ne m'étonne,
Et Notre-Dame
Qui prend notre âme,
La Tour Saint-Jacques,
Age de la fac,
Délires d'ado,
Tout était beau !
Samaritaine,
J'ai de la peine,
Car ce n'est plus
Que page lue
Dans l'Evangile,
Plus dans la ville,
Ce magasin
Qui n'est plus rien.
Rue d'Rivoli,
Le Louvre rit,
La Cour Carrée,
Ca, c'est sacré,
Le Pont des Arts,
Et ses hasards,
Angelina,
Ses tralalas,
Les Tuileries,
L'Orangerie,
Qui a perdu,
J'ai la berlue ?
Tous ses tableaux
Qu'ils étaient beaux !
Musée d'Orsay
Le long du quai
Ah, les voilà,
Ces peintres-là !
Le CFP,
Et ses cours bêtes,
Ces deux années
La rue de Sèvres
Près de Duroc,
Soldat de choc,
Mais les copines
Ne se débinent,
Sont toujours là,
A huit ans d'là !
La rue de Rennes,
Toujours très speed,
Rue Saint-Placide,
Ah, là, je traîne !
Le Bon Marché,
C'est pas donné !
A la Huchette,
J'étais fillette,
J'aimais la danse,
L'était en transe,
J'étais naïve,
Je n'savais pas
Que ça dérive
Au moindre pas !


A l'Odéon,
Il faisait bon,
Dessous les toits,
Vécu trois mois,
Champs-Elysées,
Illuminés,
Et leurs cinés,
Et leurs troquets,
Le parc Monceau
Et ses arceaux,
Et ses allées
Ensoleillées,
Et Saint Gugus,
Quand j'étais puce,
Saint Augustin,
Pardon, grand saint !
Rue de Lisbonne,
En plein automne,
Les grands boul'vards
Et leurs vitrines,
Prêchant la ruine
De ces jobards,
Les Batignolles,
Trop de bagnoles,
Mais des saris,
En soie sertis
De pierreries,
Et des boubous,
Et des froufrous,
Rue Guy Moquet,
Jeunes mariés,
Vingt mètr' carrés,
Mais nid douillet,
La Butte Montmartre,
Pinceaux en martre,
A la Bastille,
Le soleil brille,
Son Arsenal
Et son canal,
Nini peau d'chien,
C'est bien ancien
Quai d'la Râpée,
Faut l'faire à pieds,
Musée Guimet,
Où j'ai aimé,
Où j'ai offert
Mon cœur trop fier,
Feuille de ginkgo,
Brûlant cadeau,
Pont Mirabeau,
Par-dessus l'eau,
Le bel amour,
Qui vit toujours.
Vienne la nuit,
Sur mon Paris,
Sonnent les heures,
L'amour demeure,
Les jours s'en vont,
Nous nous aimons.

Tu m'as manqué,
Mon vieux Paris,
Paris aimé,
Paris chéri.

Eh oui, tu vois,
Je suis partie,
Au loin, là-bas,
Vers l'Italie.

Parc'que, tu vois,
Le seul ennui,
C'est que ta pluie
Nous apitoie,
Et que ton froid
Glace mes doigts !

Je reviendrai
Avant l'hiver,
Je t'aimerai
Tout comme hier.

Krystyna Umiastowska

 

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Blub

Poisson

 

 

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